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poésie à lire pour l'évaluation
- poésie à lire pour l'évaluation
- Mars
- Tu giboules, giboulée
- Et la terre est roucoulée
- De cent mille colombées.
- Et la terre est en amour.
- Tu giboules, giboulée
- Et la terre est fleuronnée
- De cent mille cerisaies.
- Et la terre est en amour
- Tu giboules, giboulée
- Et la terre est baisoyée
- De cent mille rayonnées
- Et la terre est festoyée
- De cent mille bourgeonnées
- Et la terre est chatouillée
- De cent mille germinées.
- Tu giboules, giboulée
- Et la terre est jouvencée
- de cent mille chansonnées.
- Tambour, coulour et bonjour,
- et la terre est en amour !
- Norge, La Langue verte, Poésies 1923-1988,
- Gallimard, 1990.
- © Éditions Belin, 2016 11. La poésie au fil des saisons
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1. Lisez attentivement le texte. Qu’est-ce qui frappe le lecteur? Notez vos impressions.
- 1. Je suis sensible :
- - aux nouveaux mots (néologismes),
- - à la répétition du son -ou,
- - aux structures répétitives « Tu giboules…de cent mille…Et la terre est… » telles un refrain,
- - à la célébration de la nature en mars,
- - à la personnification du mois de mars (« tu »),
- - aux jeux de mots « roucoulée/ colombées »,
- - aux hyperboles (« cent mille »)
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2. Quelle saison est évoquée dans ce poème? Justifiez vos réponses.
- La saison évoquée dans ce poème est le printemps, comme l’annonce son titre.
- Le poème évoque le renouveau de la nature chez les animaux (« colombées ») et les végétaux (« cerisaie », « bourgeonnées »)
- La répétition des mots « giboules, giboulée » fait référence au mois de mars et aux averses de grêle, fortes et soudaines.
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3. Observez les mots « gibouler », « colombée », « bourgeonnée », « germinées », « chansonnée », «coulour». Comment sont-ils formés ? Quelle est leur particularité ?
- Ces mots sont des néologismes, des mots nouveaux, inventés.
- – « gibouler » est un verbe formé à partir du nom giboulée ;
- – « colombée » est le nom formé à partir du mot colombe et du suffixe en -ée ;
- – « bourgeonnée » est un nom formé à partir du mot bourgeon ;
- – « germinées » est un nom formé à partir de la racine germin- que l’on trouve dans germination ;
- – « chansonnée » est un nom est formé à partir du mot chanson ;
- – « coulour » est un le nom formé à partir de couleur et de la répétition du son -ou.
Leur particularité est que ces néologismes évoquent la renaissance de la nature au printemps.
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4. Quelles sonorités dominent dans le poème ? Quel est l’effet produit?
- Les sonorités en -o (« colombées ») et en -ou (« giboulée ») dominent dans le poème
- L’effet produit est d’évoquer ainsi la renaissance de la nature au printemps.
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5. Comment le poème est-il construit ? Dégagez l’idée générale de chaque strophe.
- Le poème est écrit en heptasyllabes (7 syllabes) avec des tournures répétitives « tu giboules », « de cent mille » « et la terre est en amour ».
- Ces répétitions symbolisent le retour incessant du printemps et font l’éloge du printemps et de la renaissance de la nature.
- • La strophe 1 évoque le roucoulement des oiseaux ;
- • la strophe 2 évoque les nouvelles floraisons ;
- • la strophe 3 évoque le retour du soleil qui réchauffe la terre et la rend fertile ;
- • la strophe 4 évoque le renouveau de la nature et ses bruits ;
- • la strophe 5 mêle les sons et les couleurs à la manière des Correspondances de Baudelaire (« Les parfums, les couleurs et les sons se répondent »).
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6. Quelle vision de la nature le poète donne-t-il ? Relevez des exemples.
- Le poète représente une nature qui renait, comme s’il s’agissait de fêter le printemps.
- - La renaissance du printemps concerne les végétaux (« bourgeonnée »), les animaux (« colombée »), les couleurs (« coulour ») et les bruits (« tambour »).
- - La répétition du nombre hyperbolique « cent mille » insiste sur l’importance de renaissance du printemps qui est partout.
- - Les néologismes soulignent la beauté et l’éternel renouveau du printemps.
- - Les répétitions des mots, des structures et des sons présentent le renouveau, la renaissance comme une fête.
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À la manière de Norge, célébrez une saison de votre choix en inventant des mots. Écrivez deux strophes de trois vers que vous accompagnerez d’un refrain.
L’été
- Tu éclaires, éclairée
- Et la ville est rayonnée
- De dix mille chaleurées
- Et la vie est enchantée.
- Tu éclaires, éclairée
- Et la ville est soleillée
- De dix mille bronzagées
- Et la vie est enchantée.
- Tu éclaires, éclairée
- Et la ville est luminée
- De dix mille lueurées
- Et la vie est enchantée.
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