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Un bateau dans la tourmente
- Une troupe de brigands a quitté l’Angleterre, embarquée sur une ourque, petit bateau de transport de qualité assez médiocre. Une tempête de neige se lève soudain. Le cyclone polaire diffère du cyclone tropical en ceci que l’un allume toutes les lumières et que l’autre1 les éteint toutes. Le monde devient subitement une voûte de cave. De cette nuit tombe une poussière de taches pâles qui hésitent entre ce ciel et cette mer. Ces taches, qui sont les flocons de neige, glissent, errent et flottent. […] L’ourque continuait éperdument sa course. Ses deux voiles majeures surtout faisaient une fonction effrayante. Le ciel et la mer étaient d’encre, avec des jets de bave sautant plus haut que le mât. À chaque instant, des paquets d’eau traversaient le pont comme un déluge, et à toutes les inflexions du roulis2, les écubiers3, tantôt de tribord, tantôt de bâbord4, devenaient autant de bouches ouvertes revomissant l’écume à la mer. Les femmes s’étaient réfugiées dans la cabine, mais les hommes demeuraient sur le pont. La neige aveuglante tourbillonnait. Les crachats de la houle s’y ajoutaient. Tout était furieux.
- Victor Hugo, L’Homme qui rit, première partie, livre deuxième, chapitre VIII, 1869.
- 1. l’un…l’autre : dans cette phrase le pronom « l’un » désigne le cyclone tropical, alors que « l’autre » renvoie au cyclone polaire. 2. Les inflexions du roulis : le mouvement créé par les vagues, alternance entre la montée et la descente. 3. Écubier : ouverture pratiquée en-haut de la coque d’un bateau pour laisser passer les chaînes de l’ancre. 4. Tribord et bâbord : désignent respectivement droite et gauche dans le langage marin.
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Quand se passe l’histoire ?
L’histoire se passe pendant la nuit et dans l’obscurité « les éteint toutes », « le monde devient subitement une voûte de cave » et « le ciel et la mer étaient d’encre ».
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Relevez toutes les expressions qui désignent l’obscurité.
Les expressions qui désignent l’obscurité sont : « les éteint toutes », « le monde devient subitement une voûte de cave » et « le ciel et la mer étaient d’encre ».
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À quoi voit-on que nous sommes en mer ?
Le champ lexical de la mer et de la navigation est présent dans le texte : « mer », « houle », « écume » «ourque », « voiles », « pont », « écubiers », « tribord », « bâbord » et « cabine ».
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Relevez les éléments du texte qui montrent la violence de la tempête.
- La violence de la tempête est exprimée :
- - par des noms et des groupes nominaux (« cyclone », « déluge » « des paquets d’eau », « des jets de bave »,« l’écume »),
- - par des adjectifs qualificatifs (« effrayante », « furieux »)
- - des compléments circonstanciels : « éperdument », « plus haut », « à chaque instant ».
- - par des métaphores qui personnifient la mer en monstre mais aussi l’ourque en personne malade (« jets de bave », « devenaient autant de bouches ouvertes revomissant l’écume à la mer », « Les crachats de la houle ».
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2. Écrire
- – cohérence avec le texte de départ (narrateur, cadre spatiotemporel, personnages, système des temps au passé imparfait/passé simple, niveau de langue…) ;
- – progression de l’intrigue (le texte inventé doit bien présenter une progression par rapport au texte de départ).
- - une description, le naufrage.
- - Adjectif, comparaisons, phrases pas trop longues
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